Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée, où est la cohérence ?

Je le dis tout de suite ; il faut encourager la mobilité douce et je crois que tout le monde est d’accord là-dessus. Cependant, quand je lis le texte voté en juin 2016 pour une mobilité cohérente et équilibrée, je me demande où se trouve la cohérence…

 

Voici un extrait des arguments du Conseil d'État à l’époque ;

« L’État se doit d’optimiser les réseaux existants afin d’améliorer les déplacements en fluidifiant la circulation de l’ensemble des modes de transport de façon complémentaire. Parallèlement, il doit répondre à la croissance des besoins de mobilité par la construction de nouvelles infrastructures adaptées aux différents usages. »

Malheureusement, dans la réalité, on a l’impression que l’état s’est précipité, comme si on avait soufflé à Monsieur Dal Busco que le COVID est peut-être une opportunité à saisir pour faire le plus rapidement possible les changements nécessaires… Aussi rapidement que possible et sans information ni concertation… Et le problème est bien là ; comment ne pas se rendre compte qu’une grande partie des aménagements pour les cyclistes n’ont pas été suffisamment étudiés et réfléchis ?

 

Je pense notamment à celui en bas de la rue du 31 Décembre qui est dangereux, je pense à la piste cyclable à la route de Frontenex, qui existait déjà et qu’on a simplement élargi en supprimant des places de parking… J’aimerais bien avoir des explications claires sur ce sujet ? Et je pense bien entendu à la place neuve et tout le quartier de Plainpalais qu’on a complètement congestionné… Est-ce qu’il n’y avait pas d’autres alternatives ? Est-ce qu’il est judicieux de supprimer un axe de circulation majeur comme le boulevard Georges-Favon ? Donc j’aimerais qu’on m’explique où est la cohérence ? Encore une fois, je le dis, il faut créer plus de pistes cyclables, il faut encourager la mobilité douce, mais encourager la mobilité douce ne veut pas dire qu’on doit mettre les gens en danger et créer une guerre des transports à Genève…

Ne serait-il pas tout simplement plus judicieux de piétonniser tout le boulevard Georges Favon et de dévier le trafic sur de nouveaux axes en parallèle ? En réalité, ce projet serait très ambitieux, mais pourrait résoudre le problème, ou alors pourquoi, à l’instar de Vesenaz ou Meyrin, n'enterrerons-nous pas une partie de trafic motorisé en sous-sol ? Encore une fois, on va me dire que ce projet est trop ambitieux, et coûteux et que ce n’est plus une époque pour faire des tunnels… Je veux bien, mais alors quels choix nous restent-t-ils ?

A-t-on pensé aux livreurs, aux plombiers, artisans etc… ? J’estime que ces gens ont le droit aussi d’être entendus et surtout écoutés… Aujourd’hui, on a l’impression d’être pris en otage et que si on ose remettre en question ces aménagements, on passe pour un vieux ringard démodé qui refuse le changement et qui vit dans le passé.

Une transition doit s’opérer sur une longue période, il convient avant tout d’informer, d’expliquer, de communiquer les changements, de proposer des alternatives… Ici, on dirait que l’état a ordonné de faire le plus rapidement possible ces changements puis ensuite rien, chacun pour soi… Je déplore cette attitude et pense que Monsieur Dal Busco devrait être sur le terrain et tirer lui-même les constats de ces changements si brutaux.

 

 

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Commentaires

  • Non, rien n'est jamais vraiment trop ambitieux. Surtout en matière de mobilité où nous avons pris un retard considérable à Genève pour de nombreuses raisons que je ne vais pas énumérer ici mais qui sont essentiellement le fait des Verts depuis Robert Cramer. Car il s'agit de comprendre que ce ne sont pas les divers magistrats en charge du département qui tracent les lignes directrices, mais les hauts fonctionnaires indéboulonnables des services qui imposent leur vision.
    Pour revenir à votre proposition de fermer le Blvd Georges Favon, qui est l'axe majeur est-ouest de sortie de ville entre Bernex et Bellevue, il est d'ores et déjà condamné puisque la place Cornavin et la rue de Lausanne seront fermés dès 2023 pour démarrer les travaux d'agrandissement de la gare. C'est donc une proposition tout à fait sensée et réaliste, à la condition expresse et incontournable (c'est le cas de le dire) de réaliser la traversée de la rade qui permettrait effectivement de dériver le trafic de cet axe prioritaire sur le Bdvd Helvétique pour rejoindre la route des Nations et l'autoroute par l'échangeur du Grand-Saconnex.
    A défaut, ou plutôt en attendant le messie, il s'agira de donner la priorité absolue aux transports individuels motorisés sur l'autoroute de contournement qu'est devenu le U-Lacustre défigurant pour longtemps notre rade dont nous sommes si fiers. Sans cela, la paralysie est programmée. Mais c'est évidemment sur cela que compte les Verts dans l'espoir vain de voir les Genevois et les pendulaires renoncer à la bagnole.
    Seulement voilà. la volonté politique fait défaut et aucun élu ne sait tenir tête à ses équipes pour véritablement pacifier la ville au lieu d'alimenter ad vitam aeternam la guerre des transports qui est devenue caricaturale dans notre canton malgré l'embellie prometteuse de la LMCE qui a été bafouée et mise en péril avec cette dernière frasque d'agrandissement des pistes cyclables réalisée en catimini la nuit pour nous mettre devant le fait accompli en parfaite violation des principes même de la loi que vous relevez très justement dans votre billet.

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